Examens scolaires au Burkina Faso : dans les coulisses de la préparation des candidats
À quelques semaines des épreuves, les élèves en classes d'examen multiplient les stratégies pour aborder les examens dans les meilleures conditions. Travail en groupe, discipline personnelle.
La sonnerie a retenti depuis un bon moment, mais certains élèves n'ont pas bougé. Cahiers ouverts, stylos en main, ils sont regroupés par petites grappes autour des chaises en brique sous les arbres, des bancs dans les salles de classe . On chuchote, on explique, on se corrige, on recommence. À quelques semaines des épreuves du Baccalauréat et du BEPC, le compte à rebours est lancé et ces candidats ont décidé de ne pas le subir.
Le travail en groupe, stratégie numéro un
Pour beaucoup d'élèves en classe d'examen, la révision collective est devenue un réflexe. Oumou Kaboré, en terminale D, et ses camarades se retrouvent ainsi trois fois par semaine pour travailler ensemble. « On se complète, car les uns s'en sortent mieux dans les matières scientifiques et d'autres dans les matières littéraires », explique-t-elle. Chacun apporte ce qu'il maîtrise, et repart avec ce qui lui manquait.
Bandé Grâce Eden et son amie Rabo Grâce, candidates au Baccalauréat série G2, partagent la même conviction : traiter les exercices à deux leur permet de mieux assimiler les cours et de se corriger mutuellement un avantage que la révision solitaire n'offre pas toujours.Expliquer une notion à un camarade est l'un des meilleurs moyens de vérifier que vous l'avez vous-même assimilée. Cela permet aussi de rester motivé.
S'organiser pour ne rien laisser au hasard
Au-delà du groupe, c'est souvent l'organisation personnelle qui fait la différence. Safiatou sawadogo, en terminale D, a structuré ses révisions avec une rigueur: elle consacre un temps aux matières scientifiques ainsi qu'aux matières littéraires. Pas question de laisser une discipline de côté à l'approche des épreuves.
"On ne peut pas trier les matières parce qu'elles se complètent", confit Safiatou Sawadogo.D'autres choisissent la voie solitaire, mais avec une discipline tout aussi ferme. Caleb Sawadogo, également en troisième, travaille seul et se lève chaque matin à 4h pour réviser avant les cours. « J'ai un programme d'étude à la maison après les cours et je me réveille à 4h du matin pour continuer », confie-t-il. Son objectif ne se limite pas à obtenir le BEPC : il vise l'admission directe en classe de seconde, ce qui exige un niveau de préparation encore plus rigoureux.
Chercher un cadre propice, parfois loin de chez soi
L'un des défis les moins souvent évoqués dans la préparation aux examens reste la question du cadre de travail. Tous les élèves n'ont pas chez eux les conditions nécessaires à une révision efficace : bruit, manque d'espace, coupures d'électricité ou simples distractions familiales peuvent rapidement compromettre les meilleures intentions.
Estelle Zongo, en terminale A2, a trouvé sa solution : elle quitte son lycée après les cours pour aller réviser dans un autre établissement, où l'atmosphère studieuse lui convient mieux. Elle s'y installe chaque soir de 18h à 21h, et les samedis de 14h à 18h. « À la maison, j'arrive pas à me concentrer », dit-elle simplement. Trouver le bon endroit pour travailler fait, pour elle, partie intégrante de sa préparation.
La fatigue, l'ennemi silencieux
Malgré toute cette volonté, la période des examens a aussi ses revers. Les épreuves du BEPC et du Baccalauréat se tiennent généralement entre juin et juillet, en pleine saison chaude, quand la fatigue accumulée depuis le début de l'année scolaire commence à peser lourd.
Ce que révèlent ces témoignages, c'est une vérité simple : la réussite aux examens ne se joue pas uniquement dans la salle d'épreuve. Elle se construit dans ces heures gagnées sur la fatigue, dans ces groupes qui se retrouvent après la sonnerie, dans ces matins à 4h où l'on révise dans le silence. Ces élèves ont compris que le diplôme ne s'obtient pas par hasard il se prépare, jour après jour, bien avant le jour J.



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